A cause de Jésus et de l’Evangile

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14éme dimanche du temps ordinaire - Commentaires de l’évangile selon St Marc

Que Vous êtes bon, mon Dieu ! Que Vous êtes bon de présenter la vérité à des endurcis, malgré les mépris que vous prévoyez qu’ils feront de Vous ! Leur ingratitude que Vous connaissez d’avance ne Vous empêche pas de leur faire tout le bien qui les sanctifierait s’ils le voulaient… Que Vous êtes bon d’endurer pour nous le mépris, le dédain : « Hic est faber [1] »… Que Vous êtes bon d’employer Vos jours, de Vous fatiguer à nous évangéliser !
Présentons la vérité avec foi et avec zèle, lorsque nous avons mission pour cela, même à des âmes dont nous avons peu sujet d’espérer la conversion, et cela pour suivre l’exemple de Notre-Seigneur qui l’a prêchée et aux habitants de Jérusalem et à ceux de Nazareth et à tant d’autres dont Il prévoyait l’incrédulité, et pour suivre Son précepte : « Prêchez à toute créature »… Faisons-le d’autant plus que Notre-Seigneur l’a fait bien qu’il connût avec certitude qu’on devait être incrédule à Sa parole, tandis que nous n’avons absolument jamais cette certitude : aidés de la prière qui peut tout auprès de Dieu, avec cette charité qui « espère tout », nous pouvons et devons toujours espérer la conversion de tout homme vivant ; il est certain, en effet, que sa conversion est possible ; nous ne pouvons jamais affirmer qu’elle ne se fera pas ; prions donc, espérons, faisons pénitence pour la conversion des âmes, et travaillons dans la mesure où Dieu nous en donne mission…
Jetons-nous dans l’abjection, la pauvreté, l’humble travail manuel de Notre-Seigneur. L’amour demande l’imitation ; aimons et imitons : « Le serviteur n’est pas plus grand que le maître. » Soyons aussi petits que Jésus… Jésus nous dit de Le suivre, suivons-Le, partageons Sa vie, ses travaux, ses occupations, ses abaissements, Sa pauvreté, son abjection, soyons ouvriers, pauvres ouvriers dédaignés avec Lui !.. Soyons couronnés de la même couronne de mépris et de dédain que Notre Époux… « Celui qui me suit, ne marche pas dans les ténèbres. » Suivons, imitons, soyons-Lui comme des petits frères, vivant en tout comme Lui : « Je suis la voie, la vérité et la vie. » Suivons cette voie, vivons de la vie de Jésus, faisons ses œuvres qui sont vérité… « Je suis venu sauver le monde. » Nous avons la même fin, nous devons aussi, non pas racheter le genre humain, mais travailler à son salut ; employons les moyens que Lui-même a employés ; or ces moyens ne sont pas la sagesse humaine entourée de faste et d’éclat et assise à la première place, mais la sagesse divine, cachée sous l’apparence d’un pauvre, d’un homme vivant du travail de ses mains, d’un homme sage et plein de science, mais pauvre, méprisé, abject, n’ayant jamais étudié dans les écoles des hommes, mais sous leurs yeux et connu d’eux comme vivant humblement d’un travail vil… Suivons ce divin exemple : soyons les images fidèles de Jésus… Soyons vraiment, en partageant toute sa vie, les petits frères de Jésus… Ne nous séparons jamais, comme Son amant Saint Paul, de Son travail, de son abjection, de Son imitation : « Soyez mes imitateurs comme je suis l’imitateur du Christ »… Soyons toujours, toujours les petits frères, les vrais frères de Jésus, en entrant complètement dans sa vie, en la pratiquant en tout, en Lui étant indissolublement attaché ! Sainte Vierge, Saint Joseph, Sainte Magdeleine, Saint Jean-Baptiste, Saint Pierre et Saint Paul, Saint François d’Assise, Saints solitaires, si pauvres devant les hommes, et si riches devant Dieu, obtenez-moi cette grâce, en Notre-Seigneur, par Lui et pour Lui, dans la mesure où c’est Sa Très Sainte Volonté. Amen [2].


[1« C’est l’ouvrier. »

[2M/198, sur Mc 6,1-6, en C. DE FOUCAULD, La bonté de Dieu. Méditations sur les Saints Évangiles (1), Nouvelle Cité, Montrouge 1996, 125-127.