A cause de Jésus et de l’Evangile

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8ème dimanche du temps ordinaire - Commentaires de l’évangile selon St Luc

Évangile selon Saint Luc 6,39-45

« Ote la poutre de ton œil avant de t’occuper de la paille qui est dans l’œil de ton frère »…

Que Vous êtes bon, mon Dieu, que Vous aimez les hommes, Vous qui ne voulez pas qu’on pense du mal d’eux, ni qu’on s’occupe du mal qui est en eux !.. Que Vous aimez les hommes, Vous qui voulez voir entre tous ces frères qui composent votre famille humaine, une telle paix, une telle concorde, une telle charité, et qui prenez tous les moyens pour la faire régner, comme d’interdire, ainsi que Vous le faites ici, toute pensée, tout regard de nature a diminuer l’estime réciproque… Que Vous êtes bon, Vous qui voulez que les hommes Vous aiment de toute l’étendue de leur cœur, et qui non seulement le voulez, mais le leur ordonnez, non seulement le leur ordonnez, mais prenez les moyens les plus efficaces pour les conduire à ce bonheur, comme de leur interdire tout ce qui, en portant leurs regards, leur esprit, leur occupation sur les créatures, les distrairait de Vous, de Votre considération, de Votre contemplation, et comme de leur inter¬dire tout ce qui en rendant leur coeur amer, les rendrait moins capables de Vous aimer !
Ne nous occupons pas des défauts des autres, occupons-nous des nótres, pour nous en corriger… Si nous avons une pensée de sévérité contre le prochain, prions aussitôt pour lui, et si la faute ou le défaut sont réels, demandons à Dieu de ne pas y tomber, et humilions-nous en pensant que nous pourrions y tomber comme lui. « Lui aujourd’hui, moi demain », disait un solitaire… De plus, humilions-nous de l’avoir apercu ; si nous avions été plus perdus en Dieu, nous n’aurions pas vu cette faute… Jetons à cette vue un regard sur nous, sur nos fautes passées et présentes et reconnaissons que nous sommes bien plus bas encore… Surtout jetons-nous en Dieu et supplions-Le de ne plus nous laisser voir la terre, mais de n’avoir plus d’yeux que pour Lui et de vivre ici-bas comme dans une nuit obscure, perdus, abîmés, noyés en Lui, notre seule et étincelante lumière [1].


[1M/306, sur Lc 6,41-42 en C. DE FOUCAULD, La bonté de Dieu. Méditations sur les Saints Évangiles (1), Nouvelle Cité, Montrouge 1996, 275-276.